En se promenant dans le village de Maredret, au détour d'une rue, d'une ruelle, d'un chemin ou d'un sentier, il n'est pas rare d'apercevoir, même fugitivement, un ou plusieurs chats.
 



Dessin © Serdu.
 

Il y en a des blancs, des noirs, des roux, des gris, des tigrés et toutes les variations possibles entre ces types.
 


 

Ils se prélassent au soleil, couchés sur un mur ou même carrément sur la route.
 


 

Ils frôlent les murs des maisons, grimpent dans les arbres et se cachent dans les jardins.

Ils se disputent aussi, miaulant les uns après les autres.

Ils attendent leur pitance, juchés sur un appui de fenêtre ou cognant à la porte.
 



Dessin © Serdu.
 

Ils attrapent des oiseaux ou des petits rongeurs et jouent avec eux jusqu’à ce que mort s’ensuive... ou que l’une de leurs proies parvienne, par miracle, à leur échapper.

Ils grattent les parterres fraîchement retournés et émiettés pour y ensevelir leurs crottes... au grand désespoir des jardiniers.

Ils marquent leur territoire – pots de fleurs, piquets de clôture, murets de pierres,... - avec quelques gouttes d’urine, signes envoyés à leurs congénères pour leur faire savoir qu’ils sont propriétaires d’une partie du village et qu’ils entendent bien le rester.

Ils griffent l’écorce des arbres ou d’autres supports tentateurs.

Les mâles poursuivent les femelles pour s’accoupler.

Les chattes, quand elles ne sont pas stérilisées, mettent bas toutes les sept semaines et cela plusieurs fois par an. Leur portée - atteignant parfois huit chatons - est fièrement présentée dès que les jeunes sont capables de se déplacer. Mais ces chatons n’atteignent pas toujours l’état adulte, victimes de prédateurs.
 


 

Les chats, surtout lorsqu'ils sont jeunes, adorent jouer. Un simple paillasson, placé devant la porte d'entrée d'une maison, peut être un jouet : plusieurs fois par jour, le chat va aller le chercher et l'emporter dans la pâture voisine, au grand désespoir de sa maîtresse ou de son maître qui va essayer de lui faire comprendre qu'il agit mal...

Les chats de Maredret sont aimés, adulés, détestés ou... ignorés.
 


 

Des villageois, refusant d’avoir un chat chez eux, nourrissent cependant tous les chats du voisinage à l’extérieur de leur maison. Ils font une sélection dans les candidats à la "soupe publique" selon des critères qu’ils sont les seuls à connaître : "Allez, Ouste ! Décampe ! Allez, fous le camp ! Ouste ! Va-t-en !" ou "Petits, petits, petits !" Et, s’il reste parfois à manger, ce sont les renards qui, profitant de la pénombre, se délectent de la nourriture.

Quand ils ne sont pas vaccinés et soignés par un vétérinaire, les chats peuvent être porteurs de maladies et de parasites. Un chat malade se cache le plus souvent et peut même mourir dans un endroit retiré sans qu’on le retrouve.

Certaines chattes sont stérilisées et certains chats sont castrés : ils deviennent casaniers et ne s’éloignent pas de leur maison.
 


 

Que les chats soient ou non autorisés à vivre à l’intérieur d’une maison n’empêche pas les villageois amoureux des chats de leur donner un nom, ce dont la plupart des chats ne se soucient pas le moins du monde, leur liberté ayant plus d’importance que leur dépendance à leur maîtresse ou à leur maître.

A la nuit tombante, pour faire revenir au bercail les chats ayant la chance de vivre à l’intérieur d’une maison, les propriétaires de ces bienheureux usent de stratagèmes : taper avec une pantoufle, appeler d’abord gentiment puis, progressivement, avec fermeté – comme avec un enfant -, secouer une boîte de croquettes... ou aller à la poursuite de leur animal domestique préféré dans le jardin ou dans la rue.

Car la nuit est celle de tous les dangers pour les chats qui restent à l’extérieur : les renards, qui se déplacent discrètement dans le village, ont une préférence pour les jeunes chatons. Quant aux rares automobilistes qui circulent le soir ou la nuit dans le village, ils n’évitent pas toujours un chat traversant la rue. Certains en ont même fait un jeu et accélèrent...
 



Dessin © Serdu.
 

Les chats adorent la chaleur, c’est bien connu. Celle des moteurs de voiture, par exemple. Malheur à l’automobiliste qui déplace sa voiture dix minutes après l’avoir arrêtée : un chat, assoupi, est peut-être caché à côté d’une roue !

En hiver, la neige semble toujours être une surprise, surtout pour les pattes...
 



"Je sors ou je ne sors pas ?"
 

Certains chats, parmi les bienheureux – ceux qui peuvent entrer dans une maison -, ont un collier muni d’une clochette. Celle-ci est censée empêcher que son propriétaire n’attrape des oiseaux. Mais ces chats, très vite, apprennent à marcher et à se déplacer sans faire tinter leur clochette. D’autres chats, parfois les mêmes, portent un collier antipuces.
 



Dessin © Serdu.
 

Les chats étaient autrefois des privilégiés : les portes des maisons ou des bâtiments annexes (étable, fenil, fournil, grange, remise,...) étaient souvent percées d’une chatière. Aujourd’hui, ces orifices sont obturés, économie d’énergie oblige.
 























 

Le nec plus ultra : le chat bienheureux muni d’un collier à puce (électronique) qui lui permet d’activer automatiquement, par son passage, une chatière (électronique). Les autres chats, non reconnus par ce système sophistiqué, trouvent porte (chatière) close.

Les anciennes chatières, de plus en plus rares (elles disparaissent chaque fois qu’une porte est remplacée), font désormais partie du petit patrimoine.
 



Dessin © Serdu.
 

A côté des êtres humains habitant le village, pour qui veut bien regarder et observer, il existe un monde parallèle : celui des chats. Si l’inventaire de la commune d’Anhée, dont dépend la section de Maredret, annonce 351 habitants au 01/01/2008, il n’existe aucune statistique quant au nombre de chats vivant dans le village. Personne ne pourra donc répondre aux trois questions suivantes : y a-t-il autant de chats que d’humains à Maredret ? Combien les chats de Maredret tuent-ils d’oiseaux durant leur vie ? Combien de boîtes de nourriture industrielle consomment-ils en une année ?

Mais à côté des chiffres et des statistiques, il y a une réalité à la fois très humaine et très animale : le chat est domestiqué depuis plusieurs milliers d’années. Les relations entre un être humain et un chat sont complexes et subtiles et peuvent aboutir à un véritable attachement de l'un à l'autre. Lorsqu'un chat vient se frotter contre les jambes de sa maîtresse ou de son maître, il peut le faire par suite de l'attente d'un geste affectueux de sa part mais aussi parce qu'il souhaite recevoir de la nourriture. Le chat reste un animal domestique fabuleux à observer sur le plan du comportement (éthologie). Il peut parfois nous en apprendre bien plus qu'un être humain.
 



Dessin © Serdu.
 

Les moments de complicité partagés entre un homme et un chat sont uniques et privilégiés. Si nous aimons les chats, ne boudons donc pas notre plaisir.