Découvrez Maredret, village artisanal

C'est par les mains des artisans
que passent leur savoir-faire et leur créativité.

C’èst dins leûs mwins
qu’on veut djaurner tote li fwace èt lès-idéyes
qui courenut dins l’ tièsse dès-omes di mèstî.
 



Cliquez sur une photo pour découvrir
la discipline pratiquée

Photos © Yves Van Cranenbroeck.

Ces 16 photos ont été exposées à la Maison de l'Artisanat
à Maredret du 04/10/2009 au 31/12/2009.

Découvrir Maredret sur internet.





Découvrez les artisans, leurs mains et leurs outils,
jour après jour en 2007, grâce à ce livre exceptionnel
publié en 2006 (ISBN 2-84494-446-9 et en vente
à la Librairie Papyrus (Namur).


Mardi 5 août 2008

La revue Confluent, publication mensuelle de La Vie Namuroise asbl (Jambes - Namur), publie un article (N° 369 d'août 2008, pages 14 et 15) consacré à Aline Nicolas, artisane du village de Maredret, et signé par Catherine Vandenbroucke.
 





 

Atelier de garnissage à Maredret

Aline Nicolas

Passion et bonne humeur... Voici les mots qui viennent d'abord à l'esprit lorsqu'on rencontre Aline Nicolas. Suivent rapidement compétence et goût. Cette historienne de l'art douée pour les travaux manuels s'est installée par hasard à Maredret. Elle ne pouvait pas mieux tomber. C'est donc dans un cadre tout à fait propice, à deux pas de la Maison de l'artisanat, qu'elle pratique le garnissage, partageant depuis peu son atelier avec l'ébéniste Catherine Migeot.

Licenciée en histoire de l'art et titulaire d'une agrégation la destinant à l'enseignement, Aline Nicolas se lance pourtant dans des études de garnissage à l'IATA. En 2004, elle fait le grand saut et en fait sa profession.

Elle se passionne rapidement pour ce métier et le bouche à oreille ne tarde pas à faire son effet. Aline Nicolas satisfait ses clients et ceux-ci le lui rendent bien en exposant fièrement ses oeuvres dans leur intérieur. Plusieurs d'entre eux ne tardent pas à lui confier un projet plus conséquent : "Je vois souvent revenir des clients pour lesquels j'ai restauré un siège. Ils me demandent alors de concevoir toute la décoration du salon, par exemple. Après avoir sélectionné le tissu du divan et des fauteuils, nous choisissons ensemble les tentures, les stores, les coussins, et même les nappes... C'est évidemment très agréable à mener ce type de projet de A à Z." Et c'est ici qu'Aline Nicolas peut laisser s'exprimer toute la dimension de sa fibre féminine. "Dans ce métier principalement pratiqué par des hommes, le bon goût et l'intuition féminine sont des outils importants, souligne-t-elle. La recherche du détail, du style plus tendance, d'une patine pour la carcasse sont des approches plus féminines."

Dans 80 % des cas, le travail se réalise sur un siège à restaurer. Mais il est aussi possible de le créer de toutes pièces à partir d'une boiserie neuve. L'artisane dispose pour cela d'un catalogue de carcasses de style ou contemporaines, dans lequel le client fait sa sélection. Aline Nicolas utilise aussi comme point de départ de ses créations des pièces achetées en brocantes ou sauvées de la casse. Une opération qui semble bien stimuler son imagination...

Quel que soit le siège, les étapes sont les mêmes. Tout d'abord, réparation, recollage ou transformation de la boiserie. C'est ici qu'intervient Catherine Migeot, ébéniste et garnisseuse. Ensuite, la restauration de l'assise, soit à l'ancienne (pelotes de crin et toile de jute), soit en mousse (ce qui donne un résultat plus moelleux). Enfin, le placement du tissu et les finitions (double passepoil, galon plat, lézarde ou clous décoratifs). "Ces étapes sont immuables, explique l'artisane, mais chaque artisan les interprète à sa façon. Chacun développe ses propres recettes et n'hésite pas à les partager à l'occasion..."
 

Voltaire et la causeuse

Que ce soit pour un siège ou pour un ensemble, Aline Nicolas se rend chez le client avant de faire le devis. "J'ai besoin de m'imprégner de l'atmosphère de la pièce pour restaurer le siège dans l'esprit du lieu où il va s'intégrer." Si le client le souhaite, elle lui présente ses collections d'échantillons pour lui permettre de faire son choix. Grâce à la visite des fournisseurs de tissu et aux salons professionnels, A. Nicolas reste au courant des tendances (souvent liées à celles de la mode) : "Pour le moment, on revient à des couleurs plus "fluo", constate-t-elle, mais bien sûr tout le monde ne suit pas le mouvement. Je remarque deux types de comportements : soit on cherche ce qui ne se démode pas et l'on reste dans les beiges ou les gris, soit on ose davantage car on a les moyens de changer plus souvent de décor, ou pour la décoration de pièces plus secondaires."

"Le tissu est très important, insiste-t-elle. On ne peut pas utiliser n'importe quelle matière pour garnir un siège. S'il n'a pas une épaisseur et une résistance suffisantes, il ne tiendra pas longtemps. Pour un tissu de qualité, il faut compter au moins 50 €/m. Et puis on ne peut pas non plus placer n'importe quel motif : sur un siège rond, par exemple, on ne placera pas un tissu à carreaux."

Le siège le plus couramment restauré ? Le voltaire. "C'est le siège de famille le plus typique qui se transmet de génération en génération. Souvent, on attribue une grande valeur marchande à ce siège car son style est reconnu. En fait, c'est surtout une valeur sentimentale qui lui revient car il nous relie à nos aïeux. Un voltaire peut être restauré dans la tradition, mais il peut aussi prendre des allures plus contemporaines si l'on patine le bois en gris ou en beige et que l'on choisit un tissu original. On peut tout se permettre, tant que l'on reste dans le bon goût."

Catherine Vandenbroucke

Photos © FTPN/Christian Genard et Catherine Vandenbroucke.
 

La causeuse...

Outre le fait qu'elle est volubile et s'exprime volontiers, Aline Nicolas a choisi le nom de causeuse pour son atelier de garnissage car c'est aussi le nom d'un petit canapé à deux places... là où l'on cause...
 

Pour aller plus loin :

La causeuse
Atelier de garnissage
Aline Nicolas
Rue Roland, 10 - B-5537  MAREDRET
Tél. et fax : 082/69 99 59


Vendredi 21 décembre 2007

Pour la troisième fois en 2007, la revue Confluent, publication mensuelle de La Vie Namuroise asbl (Jambes - Namur), publie un article consacré à un artisan du village de Maredret (N° 362 de décembre 2007, pages 16 et 17).

Cette fois, c'est au tour d'Anne Mali, dentellière et fondatrice de l'Atelier de dentelle de Maredret, de faire l'objet d'un article signé par Catherine Vandenbroucke.
 





 

Anne
MALI

Transmettre
les gestes
de la
dentellière

Venue s'installer avec sa famille dans le village de Maredret, en 1994, pour contribuer à l'animer en tant que village de l'artisanat, Anne Mali pratique l'art de la dentelle avec passion depuis 25 ans, toujours à la recherche de nouvelles pistes à explorer. S'inscrivant sur la ligne du temps des dentellières du début du siècle passé, elle entend bien jouer le lien entre ces femmes au dur labeur et les artisanes d'aujourd'hui.

Anne Mali a eu la chance de suivre durant quelques années les cours de Simone Jacquemin, grande pointure de la dentelle en Belgique. C'était au Cinquantenaire, aux Musées royaux d'art et d'histoire. Lieu chargé de sens pour elle puisque, quelques années plus tard, elle apprend que sa grand-tante, Marie Mali, a donné en ce même lieu, en 1913, des causeries sur l'histoire de la dentelle et a cédé au département de la Dentelle du musée - dont elle a été la Conservatrice - de nombreuses dentelles et photographies. Très sensible à la condition sociale des ouvrières, Marie Mali a collaboré au Comité de propagande "Les Amies de la dentelle", fondé en 1910 sous le patronage de la reine Elisabeth.

Cette révélation a donné une autre dimension à la pratique d'Anne Mali. Elle s'est aussitôt ressentie comme un lien entre les dentellières d'aujourd'hui et ces femmes - quand ce n'était pas des fillettes de 4 ans - au statut social précaire, vouées à reproduire toute leur vie le même motif afin de devenir redoutablement rapides et donc plus rentables.

Mais aujourd'hui nombreuses sont celles qui choisissent de pratiquer cet artisanat délicat par passion. Considérer la dentelle comme ringard est dépassé. Bien sûr, comme dans toute technique, il est important de passer par la case départ pour s'initier. Le napperon est donc incontournable. "Apprendre le point de Torchon constitue la base de l'apprentissage, reconnaît Anne Mali. Il est nécessaire de passer par là pour se familiariser avec la technique." Il faut distinguer la dentelle au fuseau (à fil continu ou à raccroc), la plus utilisée, et la dentelle à l'aiguille, qui se rapproche davantage de la broderie. On utilise le plus souvent des fils de lins, de soie ou de coton. "Bien qu'ayant aussi appris à pratiquer la dentelle à l'aiguille, je préfère nettement travailler au fuseau - que je choisis en bois de citronnier, de poirier, d'amarante ou de palissandre -, et avec un fil de lin : il a une âme et se prête bien aux réalisations en couleur. J'aime beaucoup son aspect irrégulier qui donne des reliefs particuliers. Et puis, il est cultivé dans la région..."

Bien disciplinée, Anne Mali commence donc par le commencement. Sa première pièce importante sera la robe de baptême de son premier enfant. 300 heures de travail en point de Torchon, sur un piqué (le carton piqué de trous qui permet de guider le travail de la dentellière) et un dessin technique de Simone Jacquemin, ont été nécessaires à cette réalisation faite en collaboration avec une autre dentellière. C'est dire si ce travail demande une grande patience et une rigueur à toute épreuve. Forte de cette expérience, la dentellière se lance dans l'apprentissage des nombreux autres points aux noms chantants : Paris, Blonde de Caen, Fleuri de Bruges, Lille, Bayeux, Binche, Duchesse, Valencienne, etc.

"Certains de ces points ont failli disparaître à défaut d'être utilisés, insiste Anne Mali. Il est donc très important pour moi de transmettre ce patrimoine."

Tout au long de ses 25 ans de pratique, elle n'a pas hésité à diversifier les objets réalisés (colliers, bracelets, objets de décoration, masques,...) et à se tourner vers la dentelle contemporaine, sans toutefois laisser de côté les pièces traditionnelles aménagées à sa façon. En constante recherche de points à découvrir et de nouvelles matières à intégrer (comme les perles, le raphia ou le bois), elle reste attentive à l'évolution du secteur, notamment via les associations belges et internationales de dentellières et par des magazines reflétant les nouveautés (motifs, matériel, supports, pratique...). Elle accorde aussi une grande importante à la rencontre avec les autres artisanes, et avec le public à qui elle propose d'ailleurs des ateliers et des stages régulièrement. "J'ai rapidement ressenti l'envie de transmettre les connaissances acquises et de montrer que les bases de la dentelle ne sont pas insurmontables à condition d'avoir envie d'apprendre" explique l'artisane. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle propose toujours à ses visiteurs d'essayer quelques points...

Côté projets, Anne Mali envisage son prochain pas sur la ligne du temps : la restauration de dentelles anciennes : "On me le demande souvent, mais je ne voulais pas me lancer dans cette activité sans avoir fait le tour de tous les points."

Pour familiariser le public avec ses créations, elle participe chaque année au concours de crèches organisé dans le village et ouvre sa maison le 21 juillet, dans le cadre de la fête artisanale de Maredret. Sa récente exposition en compagnie d'une quinzaine d'autres dentellières a confirmé l'intérêt du public pour ce travail, mais aussi la reconnaissance du monde de la dentelle puisque Anne Mali vient de recevoir une invitation à participer à un grand rassemblement de dentellières, au printemps prochain, à Maubeuge.

Catherine Vandenbroucke

Photos © Yves Van Cranenbroeck.
 

Pour aller plus loin :

Atelier de dentelle de Maredret
Anne Mali
Rue des Laidmonts, 3
5537 Maredret
082/69 90 93
www.atelierdedentelle.maredret.be
Ateliers, cours et stages.

Pour en savoir plus sur Maredret, village artisanal
(charte disponible sur demande) :
082/69 98 90
www.maredret.be


15 juin 2007
 


 

Pour la seconde fois en 2007, la revue Confluent, publication mensuelle de La Vie Namuroise asbl (Jambes - Namur), publie un article consacré à un artisan du village de Maredret (N° 357 de juin-juillet 2007, pages 20 et 21).

Cette fois, c'est Michèle Lecomte, céramiste, qui fait l'objet d'un article de Catherine Vandenbroucke.
 





 

Michèle
LECOMTE
céramiste

En plein coeur du village de Maredret, Michèle Lecomte a niché son atelier de céramiste sur les hauteurs, en face de la galerie A la Fontaine et du musée du bois. Sa maison, toute en longueur, semble accrochée entre verdure et roche. Accueillante, comme son hôte, elle abrite tout un petit monde de terre, rond et sympathique.

Certains disent que son artisanat est naïf. C'est vrai et c'est très bien ainsi... Michèle Lecomte a l'art de créer un univers de douceur peuplé d'êtres bienveillants, de petites bicoques colorées, de personnages quotidiens à l'air définitivement sympathiques. Jusqu'il y a une quinzaine d'années, l'artisane se partageait entre le tissage et la céramique, mais les circonstances l'ont amenée à opter définitivement pour cette dernière. "Le plaisir et la passion me guident, confie-t-elle. J'ai appris le métier sur le tas, en cherchant beaucoup par moi-même, en essayant, en me trompant, et en recommençant. Parfois, les conseils de l'un ou l'autre m'ont aidée à progresser dans mon cheminement."

Michèle Lecomte ne tourne pas, elle modèle. Elle part d'une plaque de terre ou d'une boule et s'embarque pour un voyage aux confins de son esprit, avec pour seul bagage une idée... Par le contact avec la matière, l'idée se transforme, évolue. "Ma première réalisation a été une crèche avec des santons, se souvient l'artisane. C'est resté mon sujet préféré. Chaque année, j'invente des personnages, j'ajoute des animaux, j'insère des détails."

Une fois la pièce modelée, ses différentes parties sont solidarisées à la barbotine (terre liquide). Une fois sèche, elle passe dans le four à 900 degrés pour être biscuitée. Une fois refroidie, elle peut recevoir les émaux, confectionnés par l'artisane elle-même après de nombreuses recherches. L'étape suivante est probablement la plus délicate. La 2ème cuisson, à 1.100 degrés. Celles-ci révèle les couleurs... avec parfois quelques surprises, bonne ou mauvaises, dues à la réaction des émaux à la cuisson.
 

La terre en partage

A chaque saison, une source d'inspiration. Les santons à Noël, les poules à Pâques. Et entre-temps, c'est le quotidien, la rencontre avec les autres, un livre lu qui donnent à l'artisane, l'impulsion, le déclic. "Je ne fais jamais de croquis, mais parfois je prends quelques notes pour me souvenir. Ce qui est magnifique avec ce travail, c'est qu'il s'intègre dans la vie. C'est un véritable luxe de pouvoir vivre de sa passion."

A côté des objets décoratifs, Michèle Lecomte réalise aussi des pièces plus usuelles, comme des sous-assiettes, des lampes, des plats de toutes sortes... Sur commande, elle conçoit des pièces personnalisées pour les communions, les mariages, les baptèmes, ou tout simplement pour décorer son domicile.

Michèle Lecomte ne moule pas et ne coule pas. Même s'il lui arrive de réaliser des petites séries d'animaux, par exemple, chacun d'entre eux a un petit détail qui le distingue du voisin. Et c'est aussi cet effet de groupe qui les rend sympathiques. Qu'il s'agisse de poules, de hiboux, de chats ou de petites sorcières, le fait de les voir en ribambelle leur donne une dimension supplémentaire. Et il est aisé d'offrir (ou de s'offrir) plusieurs modèles, étant donné leur prix aussi rond que leur bedaine... "Je tiens absolument à garder des prix abordables pour les budgets moyens", insiste l'artisane qui, fait assez rare dans le secteur, vit de son travail d'artisanat.

Et depuis quelques temps, elle se sent soutenue par la toute jeune Maison de l'artisanat de Maredret. "Je me sens soutenue par l'équipe de la Maison de l'Artisanat. En plus de la vitrine et de l'espace d'exposition permanente, elle nous offre l'occasion de participer à des salons comme ArtisanArt à Floreffe en mai dernier ou Créativa à Namur Expo en octobre prochain. C'est vraiment important que Maredret retrouve son dynamisme autour des artisans. On peut d'ailleurs déjà annoncer que le samedi 21 juillet prochain les rues de Maredret seront rendues piétonnes et occupées par les artisans du village et d'autres, invités par la Maison de l'Artisanat."

Pour Michèle Lecomte, partager sa passion pour le travail de la terre est essentiel. C'est pour cette raison qu'elle organise des ateliers le mercredi après-midi et durant les vacances scolaires. "Tout le monde est capable de réaliser une oeuvre en céramique, appuie-t-elle, même, et surtout, ceux qui croient ne pas en être capables. Nous avons très souvent d'excellentes surprises dans les groupes de stagiaires. Bien sûr, les enfants sont plus spontanés et ne s'encombrent pas des codes de formes et de couleurs. S'ils trouvent leur pièce belle, c'est qu'elle est belle... Et c'est bien cela qui est important : l'expression.".

Catherine Vandenbroucke


15 janvier 2007

Antonio Lampecco a été distingué par la revue Confluent, publication mensuelle de La Vie Namuroise asbl (Jambes - Namur), en son numéro 352 de janvier 2007, comme l'un des 12 Namurois de l'année 2006. Cette distinction lui a été attribuée par le jury en "couronnement de carrière bien mérité pour un homme vrai qui a su tirer de la terre brute des pépites de beauté".

La proclamation a eu lieu le lundi 15 janvier 2007 au Palais provincial, sous le patronage du Collège provincial, en présence des nouveau et ancien gouverneurs, Denis Mathen et Amand Dalem.
 


 

Louis Richardeau présente Antonio Lampecco en page XIII de la revue Confluent en ces termes :

Tout l'univers dans un pot

Dans l'atelier du potier, comme au premier jour de la création, Antonio se bat avec la glaise. Une boule de terre danse sur le tour, obéit aux pressions de ses doigts. Elle se défend, la terre, il faut la dompter, jouer de connivence avec elle. Ces deux mains-là, fortes et douces, nous sont venues de Toscane, il y a 60 ans.

"Il faut bien aimer ce que l'on fait et si l'on aime ce qu'on fait, on fera un beau pot. Beaucoup de patience et d'amore", dit-il avec son délicieux accent.

La pièce unique tournée, il faut la "tournasser", en parfaire le fond et le col. "Si un artiste n'est pas toujours en train de chercher à mieux faire, je pense qu'il s'éteindra peu à peu", prévient-il.

Lorsque le fragile sujet a passé les phases de gestation, il est soumis à l'épreuve du feu ! L'ouverture du four après la première cuisson suscite une crainte : l'enfant nu est-il réussi ? Il y a tant d'impondérables ! Nous voici maintenant au stade de l'émaillage. Les émaux sont des oxydes métalliques simples ou mélangés, selon les tonalités à pourvoir. L'ultime station, c'est la seconde cuisson. L'oeuvre se drape de sa parure. Contemplons sa livrée d'émaux éclatés : ces constellations de cristaux, de pigments scintillants, de stries laquées de bleus impériaux, des camaïeux précieux, des verts fruités. Sur les parois, défile un univers en réduction minérale, végétale, organique, discrètement resserré sur les fines lèvres de l'édifice.

Dès son arrivée en Belgique en 1948, le jeune Antonio est mis à la rude école du métier. Autant dire qu'il la connaît bien la terre, physiquement, par les jambes, les pieds, les paumes, les pores, le nez et les yeux. En 1953, le Père Ambroise de Maredsous le prend huit jours à l'essai. Un demi-siècle plus tard, Antonio est toujours là...

Des distinctions, l'artiste en a reçu de partout. Mais cette pluie de récompenses n'a jamais entamé la simplicité de cet homme arraché à son Italie chérie.

Les recherches personnelles lui ont fait engranger mille secrets. Personne n'a plu égaler ses formes parfaites ni ses émaux qui sont des miracles de préciosité, de raffinement et d'appels vers les rêves les plus lointains.

En contrepoint d'objets domestiques (assiettes, tasses, gobelets, etc.), d'une rare élégance fonctionnelle, il y a ses pots, ses vasques, ses gouttes, où se concentrent toute la densité d'un globe rebondi, la sensualité d'un fruit mûr, l'attrait d'un cadeau qui force les yeux et les mains à en posséder le galbe, à en épouser le ventre.

La céramique d'Antonio Lampecco, ce sont des planètes, des continents infinis pour l'imaginaire, des lieux de contemplation, de partage et de complicité. Comment ne pas aimer ces oeuvres qui transfigurent les éléments constitutifs de notre monde : l'air, le feu, la terre, l'eau ? Antonio Lampecco a mis tout l'univers dans un pot !

Antonio Lampecco  est né à Minucciano (Toscane, Italie) le 03/08/1932. Il habite à Maredret. Il est marié à Chiara De Zalt Sappadina. Ils ont 2 enfants : Marco (qui succède à son père dans le métier) et Thierry. Céramiste potier, il est membre associé de l'Académie Royale de Belgique. Il a obtenu le certificat de maître-artisan au terme de 2 ans d'apprentissage à la poterie de Rebaix. Il dirige l'atelier de céramique à l'abbaye de Maredsous. Il a obtenu de nombreux diplômes, prix et médailles. Son hobby préféré est le football.