Messe de mariage (1900).
 

La réputation internationale de Maredret est due en grande partie à sa production de miniatures. Ces livres et images de dévotion sont réalisés à la main, la plupart du temps sur un support de parchemin, peau d’animal préparée spécialement pour recevoir texte et images.

Dès la fondation de l’abbaye, en 1893, un atelier, dirigé d’abord par mère Agnès Desclée ( 1931), a cherché à retrouver les techniques anciennes utilisées par les scribes et les enlumineurs du Moyen Âge. Il a fallu de nombreuses années aux soeurs pour se familiariser avec tous les secrets du métier : maîtrise des écritures anciennes, pose de l’or, préparation des pigments.

En 1898, l’entrée au couvent d’une artiste de grand talent, mère Marie-Madeleine Kerger ( 1948), a largement contribué au succès grandissant de l’atelier. Celui-ci se mit prioritairement au service des abbayes bénédictines, de la noblesse belge et de la famille royale, avant de réaliser de nombreuses images de dévotion destinées à être imprimées et diffusées dans un public beaucoup plus large.

Des livres manuscrits furent également réalisés par les bénédictines : missels, antiphonaires, rituels à l’usage des moines et des moniales et livres d’heures pour les laïcs. Ces réalisations ambitieuses, la plupart en style gothique, exigeaient un travail d’équipe, qui nécessitait la participation de plusieurs soeurs pour la transcription du texte, la création des compositions et leur exécution picturale.

Mère Marie-Madeleine eut la chance de pouvoir former une élève de talent, mère Marie-Louise Lemaire ( 1975), qui put à son tour transmettre son savoir à mère Bénédicte Witz, l’abbesse actuelle de Maredret. Elle perpétue, en ce début de XXIème siècle, une tradition séculaire.




Les prières des soeurs de Maredret
chassent l'envahisseur.
Enluminure extraite
de la Lettre Pastorale
du cardinal Désiré-Joseph Mercier,
calligraphiée et enluminée
de 1915 à 1916 par les soeurs
bénédictines de Maredret.
 



Le prince Léopold
montant la garde
devant la tente du roi Albert.
Enluminure extraite
de la Lettre Pastorale
du cardinal Joseph Mercier
(1915-1916).

 



Diablotin soufflant des microbes
dans la chambre d'un malade
(1931).
 

Comment reconnaître les miniatures de Maredret ?

Les miniatures de Maredret sont souvent signées. Il est facile de les reconnaître. Voici les marques les plus courantes, qui figurent généralement au bas de la miniature :

        

 

Dominique Vanwijnsberghe, de l’Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA), réalise en ce moment un inventaire complet de la production de Maredret. Si vous pensez posséder l’une des ces images enluminées, n’hésitez pas à le contacter à l’adresse suivante :

INSTITUT DU PATRIMOINE ARTISTIQUE
Parc du Cinquantenaire  1

B-1000      BRUXELLES

Tél. : + 32 (0)2 739 67 11
Fax. : + 32 (0)2 732 01 05
courriel


 



Interprétation libre
d'un manuscrit du XVème siècle
(à l'arrière-plan,
l'abbaye de Maredret...
dont la construction s'étala
de 1891 à 1936).


  

De miniatuurkunst in de abdij van Maredret

 



Huwelijksmis (1900).
 

De internationale faam van Maredret is grotendeels te danken aan de productie van miniaturen. Deze boeken en devotieprenten zijn met de hand gemaakt, meestal op perkament, speciaal hiertoe bewerkte dierenhuid.

Bij de stichting van de abdij in 1893 richtte zuster Agnès Desclée ( 1931) een atelier op, al trachtend de oude technieken van de middeleeuwse kopiisten en verluchters terug te vinden. Het heeft meerdere jaren geduurd eer de zusters alle geheimen van het vak onder de knie hadden : de beheersing van de oude geschriften, de goudzetting, het prepareren van de pigmenten.

De intrede in 1898 van zuster Marie-Madeleine Kerger ( 1948), een heel getalenteerde artieste, heeft in grote mate bijgedragen tot het groeiende succes van het atelier. In de eerste plaats stond het ten dienste van de benedictijnenabdijen, de Belgische adel en de koninklijke familie. Daarnaast werden talrijke devotieprenten verwezenlijkt, bedoeld om gedrukt en over een veel breder publiek verspreid te worden.

De benedictinessen vervaardigden ook manuscripten : missalen, antifonaria, ritualen voor de monniken en de slotzusters, en getijdenboeken voor de leken. Deze ambitieuze verwezenlijkingen, meestal in gotische stijl, impliceerden een heus teamwerk vanwege de deelname van verscheidene zusters aan de transcriptie van de tekst, het bedenken van de compositie en de picturale uitvoering.

Zuster Marie-Madeleine had het geluk een talentvolle leerlinge, zuster Marie-Louise Lemaire ( 1975), te kunnen opleiden. Zij kon op haar beurt haar kennis doorgeven aan zuster Bénédicte Witz, de huidige abdis van Maredret. Die zet, in dit begin van de 21ste eeuw, een eeuwenoude traditie voort.




De gebeden van de zusters van Maredret
verjagen de binnendringende vijand.

Miniatuur uit
de Lettre Pastorale van de kardinaal Joseph Mercier
(1915-1916).
 



Prins Leopold die de wacht houdt
voor de tent van koning Albert.

Miniatuur uit
de Lettre Pastorale
van de kardinaal Joseph Mercier
(1915-1916).
 



Duiveltje
dat microben binnenblaast
in de kamer van een zieke.

(1931).
 

Hoe de miniaturen van Maredret te herkennen ?

De miniaturen van Maredret zijn vaak ondertekend, waardoor ze makkelijk te herkennen zijn. Ziehier de meest voorkomende merktekens, die zich in het algemeen onderaan op de miniatuur bevinden :

        

 

Dominique Vanwijnsberghe van het Koninklijk Instituut voor het Kunstpatrimonium maakt momenteel een volledige inventaris op van de verluchte kunstwerken in Maredret. Indien u in het bezit denkt te zijn van een exemplaar uit deze productie, aarzel dan niet het volgende adres te contacteren :

KONINKLIJK INSTITUUT VOOR KUNSTPATRIMONIUM (KIK)
Jubelpark  1

B-1000      BRUSSEL

Tel. : + 32 (0)2 739 67 11
Fax. : + 32 (0)2 732 01 05
E-mail


Famille de Hemptinne

Photos du livre de messe offert à l'occasion du mariage de Charles (Courlis) et Jeanne Surmont de V., peint par les soeurs bénédictines de l'abbaye de Maredret. Les dernières pages concernent le mariage de Jacques de Hemptinne et Paule van der Straten W. et enfin celui de Michel et Myriam Soenens.

Ces photos proviennent du site internet de la famille de Hemptinne et sont reproduites avec l'aimable autorisation (05/12/2004) de M. Xavier de Hemptinne, Professeur émérite KUL et UCL et webmestre de ce site internet.
 






























































 


Abbaye de Maredret - L'art gothique dans la vie du chrétien

Commentaire d'une moniale de l'abbaye de Maredret















 

L'art de l'enluminure se confond, à sa naissance, avec l'écriture. L'idée de calligraphie éveille l'idée de l'ornement. Toutes les oeuvres majeures de la peinture du livre se caractérisent par la parfaite harmonie d'un compromis artistique entre "l'écriture et l'image".

Nos pères voulaient éclairer l'écriture en y semant l'or, l'argent, les couleurs vives : c'était, pour eux, mettre de la lumière dans le livre, c'était allumer (illuminare) ; c'était le vrai sens étymologique du mot "enluminer". L'ornementation des manuscrits devint donc "l'enluminure" (illuminatio) et les artistes qui s'en occupaient devinrent les "enlumineurs".

Le copiste ou l'enlumineur a donc pour tâche d'orner, de toute la majesté possible, les mots sacrés transmis dans le codex, surtout si celui-ci est la copie de l'un ou l'autre livre de l'Ecriture ou missel, ou sacramental, etc.

Les moines transcrivaient les textes sacrés avec respect et amour de la beauté, pour faire des livres de prières, des psautiers pour leur propres besoins, pour ceux de la liturgie du monastère, pour ceux qui les commandaient : clercs laïques, évêques,... Les miniatures sont consacrées à la glorification de Dieu. Le moine qui tenait le pinceau avait conscience de faire oeuvre agréable à Dieu et "l'espoir de mériter la vie éternelle".

Calligraphie et peinture (qui étaient l'apanage presque exclusif des moines, des bénédictions surtout, jusqu'au XIIème siècle) allaient de pair dans le Haut Moyen Age. Le miniaturiste donne le même enseignement que le calligraphe.

L'activité de notre atelier, si son but n'est plus de porter le message de Dieu dans les livres "enluminés" et dans les "livres d'Heures", se porte cependant sur ce même message qu'ils contiennent. Elle a la même portée que l'original. Nous reprenons la même technique, une certaine forme artistique pour enluminer des chartes-souvenirs de baptême, 1ères communions, profession de foi, confirmation, mariage, des cartes, des signets porteurs de la Parole de Dieu ; des cartes pour toutes circonstances, calligraphiées et enluminées, sont des reproductions de ces documents précieux.

Actuellement, il y a reprise de l'emploi du missel et de la compréhension de l'Ecriture. Les images, les signets, dont les types sont exécutés dans notre atelier et édités, sont toujours bien accueillis. Ils sont achetés à cause de la beauté des textes bibliques qu'on aime voir enluminés, et parce que "ce sont des soeurs qui les exécutent en priant". Le format parfois plus grand de signets et cartes permet de s'en servir dans un livre de lecture.

Plus proches de la nature, les artistes y cherchaient les motifs de décoration : les fleurs et les feuilles simples sont stylisées, les oiseaux et autres animaux qui enrichissent la décoration rendent l'enluminure ou la page vivante. Parfois, tel oiseau avait un sens particulier pour celui qui avait commandé le travail, par exemple le cygne dans Les grandes Heures du Duc de Berry.

Le Duc de Berry était un mécène et les frères Limbourg qui ont illustré ses livres étaient de grands artistes. Leur plus belle réalisation, chef-d'oeuvre de l'enluminure du XVème siècle, est le livre des Très riches Heures de Jean, Duc de Berry au musée Condé Chantilly et 69 des 129 miniatures sont de leurs mains.

Je reproduis, pour la beauté du travail, des scènes de la vie du Christ de ce livre magnifique pour les couleurs et la lumière qui se dégagent de chaque petit tableau.

Il y a aussi l'enluminure celte, celle de Reichenau (IXème - Xème siècles), le Psautier de Saint-Louis (XIIème siècle), "Les Miracles N.D." (XIVème siècle), le Bréviaire et l'Evangéliaire de Philippe le Bon (XVème siècle), etc. dont je reproduis les lettrines ornées et tant d'autres. Les originaux de tous ces documents ne sont pas accessibles au public dans les bibliothèques nationales ou les musées mais avec les nouvelles techniques ont peut admirer ces chefs-d'oeuvre en "fac-similé".

Pour l'exécution, la collaboration est possible. Dans la réalisation de l'ensemble d'une miniature, il y a des étapes successives : calligraphie, application de l'or (s'il y en a) et ensuite la peinture. On se partage souvent la tâche suivant que telle ou telle soeur excelle en écriture ou en peinture. Faire briller l'or qu'on a appliqué demande un gros effort ; les copistes du Moyen Age s'en plaignent souvent en marge de leur page enluminée. Il est cependant préférable qu'une même main exécute et achève une miniature ; mais dans les scriptoriums monastiques, les moines se partageaient le travail.

Les moines travaillaient souvent dans des pièces retirées où le silence était de règle. Il faut du calme.

La vie et le travail du moine comme de la moniale - il y a eu des moniales miniaturistes - sont entièrement orientés vers Dieu, tout comme leurs pensées et leur coeur.

La reproduction de mystères du Christ, dans un climat paisible, favorise le regard intérieur sur la réalité de la scène représentée. S'il s'agit de lettrines à mettre en couleurs et de l'écriture - et les textes sont en général toujours bibliques ou liturgiques - on s'en approche avec un respect et une profonde joie du coeur. Le moine ou l'artiste médiéval accomplissait ce travail de précision comme une oeuvre agréable à Dieu, oeuvre à laquelle il vouait le meilleur de lui-même. Cela reste vrai pour nous qui réalisons ces oeuvres.

Des reproductions des documents gothiques réalisés par les soeurs bénédictines de l'abbaye de Maredret peuvent être achetées à l'abbaye de Maredret.
 

Texte reproduit avec l'aimable autorisation de l'abbaye de Maredret (2004).

Photos © Robert Devin/abbaye de Maredret.


L'enluminure à Maredret - "Un art très monastique"

C'est le titre du film réalisé par Robert Devin, cinéaste, et Dominique Vanwijnsberghe, docteur en histoire de l’art de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) et Chef de travaux à l’Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA), et consacré à l'histoire des enluminures de l'abbaye de Maredret.
 



Robert Devin
et Dominique Vanwijnsberghe.
 

Ce film a été présenté en avant-première le 24/11/2007 à 14 h 30, en la salle Saint-Jean à l'abbaye de Maredret, à la communauté des soeurs bénédictines de l'abbaye de Maredret.

Une assistance nombreuse, invitée par la communauté des soeurs bénédictines de l'abbaye de Maredret, a assisté à la projection du film.

Dans la salle, on pouvait remarquer la présence de la plupart des collaborateurs du film dont Myriam Serck, directrice de l'IRPA, Michel Gouttebarge, parcheminier, calligraphe et enlumineur, habitant à Pry-lez-Walcourt (Province de Namur - Commune de Walcourt), et le Père Daniel Misonne, bibliothécaire de l'abbaye de Maredsous toute proche.

Après les applaudissements qui ont suivi les 45 minutes de projection du film et les échanges entre les invités et les deux réalisateurs du film, un verre de l'amitié a été offert par les soeurs bénédictines.
 



De gauche à droite:
Dominique Vanwijnsberghe, Michel Gouttebarge,
mère Bénédicte et Robert Devin.
 

Les enluminures présentées dans le film proviennent de collections privées et ne sont donc pas visibles à l'abbaye de Maredret.
 

Synoptique du film

Date de réalisation Juin 2007
Première présentation publique 24/11/2007
Réalisateurs Robert Devin, cinéaste, et Dominique Vanwijnsberghe, docteur en histoire de l'art.
Narrateur Eric Parisis
Musique (improvisations sur les orgues de la collégiale Sainte-Waudru à Mons (Belgique) Stéphane Detournay
Prise de son (orgues) Sixte Grignard
Collaborateurs Michel Gouttebarge, calligraphe médiéval et enlumineur de parchemins, et le Père Daniel Misonne, bibliothécaire de l'abbaye de Maredsous.
Services photographiques de l'Institut Royal du Patrimoine Artistique (IRPA) Jacques Declercq, Olivier Depauw, Jean-Luc Elias et Jean-Louis Torsin.
Soutien Myriam Serck, directrice de l'IRPA